Un kimono à partir de vieux draps par Pauline @lamuseauplacard

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Un kimono à partir de vieux draps ? Voilà le challenge que Pauline de @lamuseauplacard, notre ambassadrice du défi recyclage a relevé !
Cet article a été écrit par Pauline de @lamuseauplacard à l’occasion de notre défi recyclage!

La conception du projet

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À l’origine de ce projet, il y a une drôle d’histoire de famille(s)… Après enquête, j’ai pu retracer une partie du circuit qui a mené ce très joli drap brodé jusqu’à moi. Il y a eu d’abord un tri d’armoire chez la belle-mère de ma petite soeur, qui a recueilli le paquet. Elle l’a ensuite transmis à notre mère, qui plus tard me l’a donné. Je ne saurai jamais à quel nom correspondent les initiales brodées, ni pour quelle occasion ce drap a été confectionné. A-t-il servi ? À qui et dans quelles circonstances ? Ne rien savoir, c’est pouvoir imaginer les 1000 vies antérieures de ce morceau de tissu, et c’est un peu magique !
Envisager sa 1001ème vie a été un vrai dilemme : fallait-il le transformer en rideau ? En faire une housse de couette ? Une nappe ? Des coussins ? Un vêtement ?
Comme je préfère de loin les projets d’habillement au linge de maison, j’ai opté pour cette dernière piste. Le tissu est plutôt lourd et épais, il froisse naturellement. Il me fallait donc trouver un modèle qui ne soit pas trop près du corps. Pour mettre en valeur les parties brodées, j’ai aussi cherché une coupe simple.

La teinture des draps brodés

Comme souvent pour le vieux linge de maison, la couleur du tissu n’était pas très attirante : du blanc cassé tirant sur le jaune. J’ai rapidement décidé de le teindre. J’avais eu l’occasion cet été de pratiquer la teinture en machine pour confectionner des rideaux bleu marine avec de vieux draps. On trouve ce genre de produits dans les magasins de bricolage, et certainement aussi dans les grandes surfaces.
Je suis bien consciente du fait que ce n’est certainement pas la méthode la plus vertueuse pour l’environnement, mais j’ai trouvé des boites de couleur bordeaux chez Emmaüs qui en a tout un stock. Même si je prenais un petit risque au niveau du résultat, cela a rendu le projet très économique.
Le mode d’emploi est simple : il faut commencer par bien mouiller le tissu à teindre. En général, je le laisse tremper dans ma baignoire au moins une heure. Ensuite, je vous conseille de suivre les instructions de la boite de teinture. Pour ce projet, il fallait mettre le sachet de sel et la boite de couleur ouverte dans la machine, puis la faire tourner deux fois : une pour la teinture, et une pour le rinçage.
Je me débrouille toujours pour laver du linge foncé après avoir teint au cas où il resterait un peu de couleur…
Sachez qu’en fonction du poids de votre tissu, le résultat sera plus ou moins foncé. Avec un drap grand et lourd et quelques langes à rafraichir, j’ai obtenu cette couleur résolument rose, bien plus claire que la couleur indiquée sur le paquet.

La découpe et la couture du kimono

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Le modèle de ma patronthéque qui correspondait le mieux à mon cahier des charges est la Sylvia robe de Sew over it. Comme j’ai déjà cousu cette veste inspirée des kimonos japonais, j’était rassurée sur la coupe et j’ai pu attaquer mon projet sans trop de craintes.
J’ai fait bien attention à la symétrie lors de la découpe : je voulais le monogramme au milieu du dos, et il fallait aussi que le raccord au niveau du jour brodé soit bon sur les côtés.
Comme j’ai utilisé les bords du drap, je n’ai pas eu besoin de faire d’ourlets. Il faut bien penser à adapter la longueur de la bande d’encolure… Comme je suis plutôt étourdie, j’ai du la couper deux fois !
J’ai aussi rusé avec la largeur des manches : je voulais pouvoir utiliser au maximum la bande brodée du drap et il me manquait un peu de tissu. Elles sont donc un tout petit peu plus étroites que sur la planche patron.
J’ai également choisi d’ajouter deux petits lien pour pouvoir fermer et ouvrir facilement le kimono : ayant réalisé ce projet enceinte, je voulais en profiter pendant l’allaitement ! Une option ceinture est proposée dans le patron, mais je ne trouve pas toujours cela très pratique : il aurait fallu ajuster le noeud sans cesse, et je trouve que les ceintures en coton finissent souvent chiffonnées.
Côté assemblage, j’ai opté pour des coutures anglaises partout. Cela fonctionne, même si le tissu est un peu épais. J’aurais trouvé dommage de surjeter les coutures avec du fil blanc.

Le résultat : un sublime kimono

Ce qui est agréable avec les projets de recyclage de tissu, c’est qu’on ne court par le risque de se retrouver avec le même vêtement que ses copines couturières ! Ce kimono me plait beaucoup : sorti de mon imagination, il est vraiment unique. J’apprécie ce petit goût d’inédit !
Je l’ai terminé à un moment où ma maman faisait un petit séjour chez moi. J’ai bien ri quand elle s’est demandé ce qui lui avait pris de me donner un aussi beau drap…  Heureusement pour moi, il était déjà trop tard ! Adieu rideaux et housses de couette pour sa maison, bonjour kimono à arborer dès la maternité !

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