Atelier Shibori

single-image

A l’occasion de l’aiguille en fête nous avons enfilé nos gants et nos tabliers et nous avons découvert  le monde enchanteur de la teinture à l’indigo. Nous avons participé à un atelier du centre Lainamac animé par Magali Bontoux à la fois artiste, chimiste, artisan… Durant les trois heures nous avons appris à confectionner une cuve de teinture écologique puis nous nous sommes initiées à la technique ancestrale du shibori.

atelier shibori
atelier shibori

L’indigo est un bleu profond dont le nom est dérivé de la teinture elle-même. Le pigment indigo est extrait de la feuille de diverses plantes comme le pastel des teinturiers, l’indigotier ou la renouée des teinturiers. Il n’est pas soluble dans l’eau et ne peut donc pas être utilisé tel quel pour teindre une étoffe. Il faut donc trouver des astuces pour le rendre soluble et préparer une cuve d’indigo. Magali Bontoux nous a expliqué de quelle façon procéder pour différentes matières : la soie, la laine, le coton et le lin. Nous ne développerons pas cette étape ici mais elle fera l’objet d’un autre article prochainement.

Dans un deuxième temps nous nous sommes essayés à l’art japonais du shibori. Cette technique
repose sur le principe de réserve. En pliant, nouant, froissant le tissu on empêche la teinture de pénétrer sur toute sa surface et on crée ainsi des motifs entre espaces teints et espaces vierges. C’est un exercice particulièrement jubilatoire dont toutes les étapes sont excitantes.

On commence d’abord par préparer le tissu. On joue avec le matériel dont on dispose, et on pince, froisse, enroule, noue, plie le tissu dans tous les sens. Chaque procédé conduit à un résultat différent et il suffit d’un infime changement dans le dispositif de pliage pour que l’effet final n’ai plus rien à voir. Les possibilités et les pistes à explorer sont infinies ! Une fois le shibori commencé, on a qu’une envie ; multiplier les tests !

Autant le shibori peut être très expérimental (c’est évidement ainsi qu’on l’a abordé), autant il peut faire l’objet d’une conception beaucoup plus élaborée. C’est ainsi que les artisans japonais conçoivent des motifs extrêmement précis et plient le tissu pendant des jours selon un enchaînement bien particulier. Ici pas de place à l’improvisation !

Quand le tissu est bien ligoté on peut le plonger dans la cuve de teinture. Plus il reste dans la cuve, plus le bleu va être foncé (nous l’avons laissé une vingtaine de minutes). En le sortant, le tissu est de couleur verte. Rapidement il s’oxyde et devient bleu. On rince bien le tissu encore plié.

Vient alors le moment magique de la découverte ! On déplie le tissu, on coupe les élastiques, on enlève les pinces, on défroisse et l’étoffe dévoile ses nouveaux motifs. Le résultat est parfois vraiment surprenant. On n’aurait jamais pensé obtenir de tel résultats en utilisant des tels procédés (surtout nous qui étions débutantes) ! Si on veut les reproduire il faut d’ailleurs bien penser à noter ce qu’on fait au fur et à mesure.

Pendant cet l’atelier on a donc réalisé cinq petits tests en essayant de diversifier les techniques. Voici cinq pas à pas pour réaliser à votre tour des lignes, des cercles, des carreaux… Le résultat n’est parfois pas tout à fait réussi. Soyez indulgents, c’était notre première fois ! Mais nous avons adoré le shibori et sommes très tentée de recommencer sur de plus grandes pièces de tissus.

Deux petites remarques :
× Pour réaliser les plis de manière précise il vaut mieux les former au fer à repasser.
× On peut aussi froncer le tissu en le cousant (et ça ouvre de nombreuses possibilités !)

Notons que ces exemples sont loin d’être exhaustifs. Il ne reste plus qu’à tester et inventer de nouveaux procédés ! Mais pour ça il vous faudra préparer une cuve de teinture. Nous vous retrouvons donc prochainement pour un article « chimique » !

You may like