Utilisation de la surjeteuse : les conseils de Charlotte Jaubert

par | 24 Juin 2022 | Couture | 0 commentaires

     La surjeteuse est une machine qui, si elle n’est pas indispensable pour débuter la couture, peut vite s’avérer être un allié de poids pour la réalisation de vos projets. Permettant d’obtenir des rendus propres et professionnels rapidement, la surjeteuse peut s’avérer essentielle dans des domaines comme la lingerie ou le maillot de bain. C’est pour cela que j’ai demandé à Charlotte Jaubert, styliste et professeure Artesane dans ces deux secteurs, de me parler de son outil de couture de prédilection. Je vous dévoile donc ici ses précieux conseils concernant l’utilisation de la surjeteuse.

Pourquoi utiliser une surjeteuse ?

     La surjeteuse peut avoir de nombreuses utilisations. La première est le montage, c’est-à-dire la couture de deux tissus ensemble, de mailles ou de tissus extensibles. La seconde utilisation est la réalisations de finitions propres et jolies, comme le point roulotté, un ourlet serré et esthétique. La troisième utilisation principale est le surfilage d’un tissu, par exemple en chaîne et trame, avant le montage afin d’éviter que le tissu ne s’effiloche.

     Dans le domaine de la lingerie et du maillot de bain, la surjeteuse est indispensable pour coudre les matière extensibles. La surjeteuse permet donc de réaliser des finitions, du montage, mais aussi de la fantaisie, comme des fronces par exemple. Il est possible de l’utiliser pour réaliser des vêtement de sport « stretch » comme des leggings, afin d’assembler les matières extensible avec une couture plate dite « flatlock »

deux tissus cousus ensemble grâce à la surjeteuse

     Pour ce genre de projets, il est également possible d’utiliser des fils différents. Par exemple, Charlotte utilise des fils mousse dans les boucleurs de sa machine afin de conserver l’élasticité de la matière, la douceur sur la peau et de bien suivre le tissu, ce qui est impossible avec une machine à coudre familiale. La surjeteuse permet des coutures propres, précises, qui ne se déchirent pas, et qui s’approchent de la couture professionnelle.

     Certaines surjeteuses peuvent même se rapprocher de machines industrielles dans les réalisations qu’elles proposent et leur facilité d’utilisation, bien qu’elles soient plus lentes. La surjeteuse s’utilise comme un complément à la machine à coudre. Elle s’utilise surtout pour coudre de la maille, lorsque l’on souhaite obtenir un beau rendu, là où la machine classique risque de détendre votre tissu.

Choisir sa surjeteuse

surjeteuse dont le boitier est ouvert pour voir le système d'enfilement

     Charlotte a un conseil qui, s’il ne fera pas forcément plaisir à votre portefeuille sur le moment, vous évitera des désagrément et d’autres dépenses par la suite : il vaut mieux mettre le prix dès sa première surjeteuse. Cela vous évitera d’avoir à la changer deux ans après, puisqu’une bonne surjeteuse, si elle est bien entretenue, peut être gardée très longtemps. Cela vous évitera également de vous dégoûter de la surjeteuse si la vôtre est de mauvaise qualité et peu efficace. Les modèles de surjeteuses n’évoluant pas comme ceux des machines à coudre, vous pourrez garder la vôtre de nombreuses années.

     Si enfiler quatre fils dans votre machine vous fait peur, ce qui peut en effet nécessiter un certain temps de prise en main, sachez qu’il existe des machines à enfilage automatique. La surjeteuse de Charlotte utilise une technologie à air comprimé afin d’enfiler automatiquement ses fils. Cela permet d’éviter d’enfiler manuellement ses trois ou quatre fils lorsque l’on change ses bobine pour coudre une matière d’une autre couleur par exemple.

Les machines combinées

     Il existe également des machines « hybrides » permettant d’effectuer le travail d’une surjeteuse et d’une recouvreuse. La recouvreuse permet d’avoir une double aiguille et une chaînette de l’autre côté du tissu, comme ce que l’on peut trouver dans les finitions de la plupart des tee-shirts et sweatshirts du prêt-à-porter. Cette machine combinée permet donc d’effectuer des finition et un point de recouvrement.

     La surjeteuse combinée est donc l’outil idéal si vous avez pour projet de coudre beaucoup de maille comme des tee-shirt ou des sweatshirt par exemple. Si vous comptez réaliser vous-même la garde de robe de vos enfants chaque saison, cette machine sera votre meilleure alliée pour coudre rapidement avec de belles finitions. Vos finitions tiendront beaucoup plus dans le temps, et vous irez beaucoup plus vite.

     Une alternative à cette machine combinée existe avec la double aiguille de la machine à coudre familiale, mais le travail sera beaucoup plus lent et vos réalisations dureront moins longtemps.

Le fonctionnement de la surjeteuse

     La surjeteuse permet d’obtenir des finitions propres, et de couper le tissu en même temps grâce au couteau intégré. Elle utilise trois à quatre fil en même temps, selon que vous décidiez d’utiliser une ou deux aiguilles en fonction des finitions souhaitées. Deux fils sont enfilés dans les boucleurs, et un ou deux fils dans les aiguilles.

     Les fils passent dans des disques permettant de régler leur tension. Les deux disques des boucleurs sont à droite, et les deux disques des aiguilles sont à gauche. Le couteau de la surjeteuse est également réglable, tout comme la largeur du surjet, pouvant aller du roulotté très serré à un point très large.

quatre disques d'enfilage de fils d'une surjeteuse

Le conseil de Charlotte :

     Un point essentiel lorsque l’on utilise une surjeteuse est de toujours faire des tests avant de coudre afin de vérifier que la tension des fils est bonne. Pour vérifier la tension, cousez vos deux tissus ensemble, et ouvrez la couture. Si la couture s’ouvre, la tension est trop faible, et il faut donc régler la tension de vos fils avec les disques. Chaque surjeteuse a sa propre sensibilité et nécessite des réglage différents. Il vous appartient donc de faire vos propres tests.

     Attention, contrairement à une machine classique, la surjeteuse ne fait pas de marche arrière, ni de point d’arrêt. Pour faire sortir votre tissu, il vous faut continuer à coudre dans le vide après l’avoir cousu votre tissu. Laissez alors la machine former une chaînette, sans la faire trop courte. Si votre chaînette n’est pas assez longue, votre machine risque de se désenfiler.

Entretenir votre surjeteuse

     Pour que votre machine soit toujours performante et que vous puissiez l’utiliser des années et des années, un entretien régulier est nécessaire. Puisque la surjeteuse coupe le tissu en même temps qu’elle coud, des petit morceaux de chutes peuvent tomber dans la machine et s’y agglomérer. C’est pourquoi il est important de bien la nettoyer. De plus, bien que les surjeteuse soient assez légères et portables, Charlotte vous déconseille les transports trop fréquents. Enfin, un entretien complet annuel permettra à votre machine de rester performante et de perdurer.

Les astuces de charlotte

     Voici quelques astuces développées par Charlotte afin de vous faciliter la vie lorsque vous utilisez votre surjeteuse.

     Si jamais vous remarquez que votre surjeteuse se dérègle sans raison, et que vous n’arrivez pas à trouver vos réglages, remettez tous vos disques sur zéro, et recommencez vos réglages. N’oubliez pas que faire des tests de tension de vos fils est indispensable pour utiliser votre machine de manière optimale.

point de surjet effectué grâce à une surjeteuse

     Si vous avez opté pour une machine à enfilage manuel, Charlotte à une technique pour changer de bobine de manière plus rapide. Il vous suffit de couper votre fil au niveau du guide-fil, et d’attacher votre nouveau fil avec l’ancien encore enfilé dans votre machine à l’aide d’un nœud. Tirez ensuite votre fil et enfilez-le, sans faire passer le nœud dans le disque, au risque qu’il se défasse, jusqu’à se ce que votre nouveau fil ait remplacé l’ancien.

     Enfin – ce n’est pas une astuce mais plutôt un détail technique –, sachez que la couture à la surjeteuse ne nécessite pas de relever le pied de biche, contrairement à la couture à la machine classique. Les grilles d’entraînement sont très larges, et votre tissu sera donc entraîné sans avoir besoin de relever le pied.

     Voilà donc ce que je peux vous dire sur la surjeteuse, grâce aux précieux conseils de Charlotte. Si jamais vous souhaitez vous mettre à la couture à la surjeteuse, Émilie Grontec, alias m Gg ++, anime chez Artesane un cours dédié à l’utilisation de la surjeteuse et permettant de réaliser son premier tee-shirt avec cette machine, disponible sur Artesane.com.

À bientôt chez Artesane !

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